IL FAUT que tu sois en forme pis que tu manges bien

T’es-tu déjà rendu compte combien de fois par jour tu peux te dire « Il faut » ?

Il faut faire de l’argent. Il faut payer sa maison le plus rapidement possible. Il faut que les enfants performent à l’école. Il faut mieux manger. Il faut couper le sucre. Il faut passer plus de temps de qualité avec son conjoint ou sa conjointe. Il faut avoir une vie sociale. Il faut méditer. Il faut. Il faut. Il faut. C’est quoi s’t’affaire là!? Veux-tu ben me dire pourquoi on est rendu là?

Je comprends pas pourquoi on se met autant de pression pour vivre. Comme si on était toujours à la recherche de la perfection. J’ai l’impression qu’on veut tellement être « ce qu’il faut être » pis « faire ce qu’il faut faire » qu’on prend même pas le temps de prendre du recul pour se demander si ça nous rend heureux. Pis après ça on se demande pourquoi on se sent dépressif, anxieux, pourquoi on mange trop, on boit trop, ou on se sent tout le temps fatigué le matin.

Comme si on avait pas le droit à l’erreur, pis que même si on en faisait, y fallait pas que sa paraisse. Parce que faire des erreurs, c’est mal. Ça veut dire qu’on est lâche, pis qu’on en fait pas assez. Ça veut dire qu’on prend pas notre vie en main. Il faut que t’en fasses plus, toujours plus.

Pis non seulement on se stress pour des choses qui sont pas vraiment importantes dans la vie (avoir assez d’argent pour payer une maison trop grande, pour laisser transparaître un succès imaginaire, ou pour atteindre une perfection inatteignable), mais on commence à se stresser avec des choses qui peuvent être bonnes pour nous. Parce qu’il faut que tu manges mieux, que tu médites, que tu fasses du yoga, que tu cours pis que tu fasses de la musculation. Pis du moment que tu le fais pas, tu te dis que t’es pas assez bon pour faire « ce qu’il faut ». Fek tu te traites de cave ou d’incompétent, pis tu manges un demi-pot de crème glacée ou tu pars t’acheter ta bouteille de vin.

La seule chose vraiment grave quand on y pense, c’est qu’y’aille une inondation tellement intense qu’elle raserait ta maison, et que les champs d’agriculture soient complètement noyés, ayant comme impact de nous empêcher de manger et de dormir. Là, on commence à parler de grave.

Mais le courriel qui vient de rentrer pis que tu te stress de répondre le plus vite possible parce que t’as peur d’avoir l’air lâche, c’est pas grave Le lunch qu’il fallait que tu prépares pour ton kid pis que tu as oublié, fek tu stress parce que tu penses que t’as l’air d’un parent épais, c’est pas grave. Y va manger à cafétéria. L’entraînement qu’il fallait que tu fasses à matin pis que t’as pas fait, c’est pas grave. La coupe de vin de trop que t’as pris parce qu’il fallait que t’arrêtes de boire, c’est pas grave. Le Nutella qu’il fallait pas que tu mettes sur ta toast à 22:30 hier, c’est pas grave.

Pis le jour où on arrête de fouetter pis de se dire qu’on est cave parce qu’on a fait ou pas fait ce qu’il fallait qu’on fasse, on va mieux. Pis on stresse moins pour tout ce qui arrive. Pis on apprend à mieux apprécier ce qui vient, pis ce qui est. On apprend à le vivre, à l’accepter, sans le juger. Sans se dire qu’on fait bien ou pas. Simplement en étant présent à ce qui est.

Si de mon expérience j’ai rarement vu une entreprise s’épanouir en envoyant chier ses employés, ni un couple s’aimer en insultant l’autre, ni des enfants bien grandir quand ils ne se font pas donner d’amour, je comprends pas pourquoi on est pas capable de le faire pour nous.

Comme si en se disant qu’un moment donné, on va tellement s’être fouetté pis on va tellement s’être traité de trou de cul qu’on allait finir par comprendre.

Quand dans le fond, on a juste à s’aimer, puis apprendre à naviguer dans l’incertitude, dans l’instable. Parce que j’te le dis tout de suite, même si t’as l’intention de t’entraîner 4 fois par semaine pis de mieux manger, ça marchera pas tout le temps. Pas parce que t’es cave. Parce que c’est comme ça. Pis c’est pas grave au fond.

Tsé, je pense que c’est bon de se permettre de ralentir, de s’enlever de la pression. La vie s’occupe déjà de nous en mettre suffisamment sur les épaules. Je pense qu’on gagnerait tous à mieux accepter nos fautes, nos erreurs, nos imperfections. Pis on gagnerait tous à se demander ce qui est vraiment important, pis de se dire qu’on va tranquillement se rendre vers ce qui nous rendra le plus heureux au fin fond de nous. Pas en fonction de ton voisin, de ton boss ou de ton ami d’enfance.

Amicalement,

Pierre-Hugues

#pression #santé #stress

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